La robe Origami

Dernière mise à jour : juil. 4



Dans un précédent post, j'évoquais le fait que certains élèves avaient de grandes ambitions et que j'adorais les accompagner dans leurs idées les plus folles.

Alors si on se lançait dans une robe au bustier origami, tiens donc !

Ce projet a démarré il y a quelques mois, avec une jeune élève en bac pro mode qui souhaitait apprendre le moulage.

Nous avons commencé par la pose des bolducs sur son mannequin, étape indispensable et néanmoins fastidieuse par l'extrême précision requise.

Ensuite, quelques exercices de moulage simples pour comprendre les fondamentaux de cette pratique très différente du modélisme à plat.

C'est alors que le challenge est arrivé, car il faut le dire, cette jeune élève a un goût très affirmé pour les projets d'envergure, mais avec ce gros avantage d'être capable d'y mettre les moyens. Je la vois progresser de semaine en semaine, j'avoue qu'elle me bluffe !

Mais ne lui dites surtout pas...



Du papier à la toile


Ceux d'entre vous qui naviguent régulièrement sur Pinterest ont déjà croisé plusieurs fois ce modèle, dont on trouve diverses interprétations, car il est tentant de s'y frotter, vu l'aspect spectaculaire de l'exercice.

À la vérité et pour rendre à César ce qui lui appartient, cette pièce d'origami est issue à l'origine d'un des livres Pattern Magic de Tomoko Nakamichi.

Étant donné la complexité du modèle à réaliser, j'ai préféré commencer par la construction du patron sur papier, afin de bien expliquer la démarche de construction et les techniques qui permettent de jouer avec les vides et les pleins pour créer chaque pli. Nous voici donc parties dans une succession de coupe, remplissages, collages, pliures, jusqu'à obtenir un premier patron satisfaisant qui aboutira à la première toile.


De la toile au tissu


Une fois la toile vérifiée, essayée et validée, il est temps de passer à sa version définitive, après avoir réglé quelques valeurs d'aisance de-ci de-là, puis ajouté les pièces les plus simples, mais sans lesquelles la robe n'en est pas une, à savoir le dos et les panneaux du bas.

L'étape la plus complexe fut de reporter avec précision chaque repère de pli, de creux, de saillant, d'orientation, afin que le résultat soit fidèle à l'effet recherché.


Puis est venue l'étape de la coupe de chaque panneau dans le biais, pour un tombant fluide et harmonieux, en faisant coïncider chaque couture d'assemblage avec les raccords du haut (côtés, pinces dos, ....).


Une fois le dilemme résolu, l'assemblage des autres pièces, le montage d'un zip invisible et la doublure du buste furent presque un jeu d'enfant...



Jusqu'aux moindres finitions qu'il était exclu de négliger, sous peine de ne plus mériter mon statut et ma réputation, mon élève a soutenu le rythme jusqu'au bout, avec quelques passages en apnée, notamment pour réaliser les mètres d'ourlets au pied ourleur déjà évoqué dans un précédent article.





Alors s'il fallait une preuve que l'ambition est toujours récompensée, je ne peux que vous encourager à dépasser vos limites, à quitter votre zone de confort pour explorer des domaines inconnus. Car nul ne peut dire si vous en serez capable, tant que vous n'avez pas essayé d'aller encore plus loin.


Et si le chemin vous semble long et escarpé, vous trouverez certainement une bonne âme pour vous accompagner et vous faire profiter de sa longue expérience.......